Débat militant

 

 

 

 

 

 

 

 

Lettre publiée par des militants de la LCR

n°34

 

22 juillet 2003

 


 

Sommaire :

 

 

 

 

Construire l’unité

 

 

 

 

Les limites stratégiques de l’anticapitalisme à l’épreuve

 

 

 

 

A propos de l’exposé du cercle Léon Trotsky « Où va la Russie ? » Lutte ouvrière et le concept « d’Etat ouvrier dégénéré en décomposition très avancée »

 

 


Construire l’unité !

La presse s’en est fait l’écho, Lutte ouvrière et la Ligue communiste révolutionnaire engagent une discussion sur la possibilité d’un accord entre les deux organisations pour les élections européennes et régionales de 2004. C’est une bonne chose et l’on s’étonne de devoir le noter tant il nous apparaît que la recherche de l’unité entre révolutionnaires devrait être un souci constant.

Lutte ouvrière écrit : « il serait tout à fait possible et utile de trouver un accord pour transformer ces campagnes électorales en une lutte sur le terrain des revendications essentielles et vitales du monde du travail. » Très bien, mais pourquoi la direction de LO a-t-elle dédaigné les propositions de notre organisation formulées dans les mois qui ont précédé le mouvement de mai-juin ? Pourquoi aussi les élections municipales ou plus récemment l’élection présidentielle n’auraient-elles pu fournir l’occasion d’une telle lutte politique autour des exigences du monde du travail ?

La direction de Lutte ouvrière mesure à quel point son attitude sectaire se retourne contre elle-même, la prive de perspective, censure son propre dynamisme.

Elle cherche à reprendre l’initiative et pour cela s’engage dans une discussion publique avec notre organisation. Tant mieux. Les effets du mouvement s’imposent à elle. Le besoin d’unité, de démocratie dont il a été porteur exerce leur pression. En prenant l’initiative, en se faisant les militants de l’extension de la grève, de sa généralisation, des milliers de salariés, militants du mouvement, ont bousculé les routines comme continuent de le faire les intermittents du spectacle. Ils ont obligé les organisations à raisonner en fonction d’un mouvement dont, pour une large part, les salariés en particuliers dans l’Education nationale, avaient l’initiative.

Du 21 avril au mouvement de mai-juin, une même rupture s’affirme avec les vieux partis de la gauche gouvernementale et les appareils syndicaux. Une nouvelle conscience de classe se forge au travers même de la lutte, un nouveau militantisme prend confiance en lui, à son rythme, il entend être partie prenante du débat.

Bon nombre des trois millions d’électeurs de l’extrême-gauche se sont retrouvés au cœur de la lutte, souvent son aile marchante. Ils ne comprendraient pas que les révolutionnaires ne sachent pas s’unir, instaurer entre eux des rapports démocratiques, faire vivre entre eux les rapports de solidarité, de camaraderie, de fraternité qu’ils ont connus dans la lutte.

Que les révolutionnaires s’unissent pour se faire les porte-parole des exigences du monde du travail dans les batailles électorales à venir est indispensable.

Nous espérons que cette unité saura ouvrir une perspective au-delà des échéances électorales elles-mêmes. Nous militerons dans ce sens. Sous la pression des transformations qui se sont opérées tant sur le plan social que politique nos deux organisations ont elles-mêmes évoluées. Chacun prend en compte ces évolutions, cherche des réponses, formule une politique et, paradoxalement, nos organisations sont, dans les faits, bien plus proches que certains militants peuvent le croire.

La logique du sectarisme qui, en conséquence de son incapacité à formuler une politique pour l’ensemble du mouvement, érige chaque divergence en justification d’existences séparées voire en acte d’accusation de « trahison », déforme les regards.

Les observateurs du mouvement ont tous relevé la présence et l’influence de l’extrême-gauche sans que les divergences tactiques, bien réelles cependant, les empêchent de regrouper dans le même parti l’extrême-gauche, « les jusqu’au-boutistes ».

A la logique sectaire, il faut opposer une démarche unitaire qui définit les convergences tout en prenant en compte les divergences. Inévitablement, le fait que nous soyons confrontés à une nouvelle période nous conduit à rediscuter de ces divergences avec un regard nouveau, tourné vers l’avenir. Justifient-elles une existence séparée ? Ne pourraient-elles pas s’exprimer dans un cadre organisationnel commun, démocratique ? Le fait que nous nous revendiquions du marxisme, du même programme de transformation révolutionnaire de la société ne justifie-t-il pas que nous nous organisions dans le même parti ? N’est-il pas de l’intérêt des luttes que nous coordonnions nos forces ? Quelles sont nos responsabilités communes à l’égard du mouvement, des luttes ?

Certes, aucune de ces questions n’a de réponses toutes faites, mais le simple fait de les poser, d’en discuter sans apriori serait un progrès.

Personne, ni à LO ni à la Ligue, ne considère qu’un nouveau parti représentant les intérêts du monde du travail ne pourra naître du simple développement linéaire de l’une ou l’autre organisation.

Depuis 1995, nous participons à une lente et profonde maturation au sein même du mouvement ouvrier. Des ruptures s’opèrent à travers le combat politique et social, les travailleurs font leur expérience, une nouvelle génération de militants apprend, s’éduque à travers ses propres combats, par elle-même. Elle fait l’expérience des directions syndicales, des partis, de l’extrême-gauche elle-même. De nouvelles relations se tissent comme dans les interpros ou les collectifs du mouvement. Les militants de LO comme de la Ligue élargissent leurs propres expériences, sont confrontés à de nouveaux problèmes qui nécessitent discussions, échanges.

Un brassage des idées commence à se faire à travers la lutte, de façon pratique, militante, de nouveaux liens se construisent.

Un accord LO-LCR ne serait-ce qu’électoral serait en lui-même un pas en avant important, un encouragement aux discussions, aux confrontations, aux échanges. Ce serait un début de réponse à la demande de bien des militants indépendamment même des résultats que nous pouvons ou non en escompter.

Mais ceux qui regardent vers l’extrême-gauche ne pourront nous rejoindre que s’ils retrouvent parmi nous le climat libre, fraternel, démocratique, du mouvement, si nos organisations sont un instrument pour leur propre lutte politique, un cadre d’organisation utile pour eux-mêmes.

Construire de telles relations supposent une rupture avec tous les projets confus de recomposition à gauche de la gauche, les regroupements de personnalités ou autre appel pour une nouvelle gauche qui ne peuvent qu’être des freins à un regroupement autour d’une politique de classe pour un parti des luttes, un parti de la grève pour reprendre l’expression d’Olivier Besancenot.

Un accord LCR-LO aurait d’autant plus d’importance que l’année qui vient sera un aboutissement, une sorte de dénouement, dans les évolutions entamées en 95. Les maturations accomplies en particulier les mois passés chercheront à se cristalliser, à prendre une forme organisée, celle d’un nouveau parti.

Ce nouveau parti ne saurait résulter de la simple addition des forces de nos deux organisations mais bien de leur dépassement. Notre propos n’est pas d’essayer de décrire comment cela pourrait se faire. Il n’y a pas de voix tracée par avance. Un simple accord électoral ne saurait à lui seul créer une telle dynamique mais il peut y contribuer ne serait-ce qu’en contribuant à dépasser les préventions des uns et des autres.

Nous savons bien qu’il ne suffit pas de vanter l’unité pour qu’elle se réalise, faut-il que chacun perçoive et comprenne l’unité comme un progrès qui renforce l’ensemble du mouvement, utile à chacun.

Se battre pour unir et regrouper la gauche ouvrière et populaire c’est militer pour faire vivre les acquis du mouvement, la conquête d’un espace démocratique, la parole libre, l’imagination et les initiatives comme moteur indispensable de la lutte au détriment de tous les comportements identitaires hérités de nos divisions passées. Loin de nous l’idée d’ignorer les divergences, elles sont importantes, la lutte en fera naître de nouvelles. La question est surtout de discuter des convergences qui nous unissent sur l’essentiel comme chacun a pu le vérifier dans le mouvement et qui font des divergences les conséquences même du combat qui nous unit.

Avoir des divergences, des désaccords est le propre même du débat politique, de la vie démocratique, il ne s’agit pas nécessairement de les surmonter mais de les gérer ensemble au coude à coude, dans la lutte.

Depuis le 21 avril, les manifestations contre l’extrême-droite, la lutte contre la guerre, le mouvement pour les retraites ont affirmé trois revendications indissociables, la  démocratie, la paix, les droits sociaux qui se rejoignent dans un même projet de transformation révolutionnaire de la société pour en finir avec la propriété privée capitaliste.

Ces aspirations et les mouvements qui les ont portées peuvent converger en une force nouvelle, révolutionnaire, un parti des travailleurs.

C’est l’enjeu de l’année à venir.

Yvan Lemaitre

Les limites stratégiques de l’anticapitalisme à l’épreuve

 

1995 soulignait déjà son actualité. La mobilisation du printemps contre les projets gouvernementaux et la lutte des intermittents qui la prolonge aujourd’hui reposent la question d’un parti représentant les intérêts généraux des travailleurs. Et ce besoin d’un « parti de la grève » traçant la perspective d’un mouvement d’ensemble apparaît d’autant plus urgent que des affrontements majeurs avec le gouvernement Raffarin et le Medef s’annoncent dans les prochains mois.

Où en sommes-nous ?

Malgré les résultats renforcés élection après élection de la gauche révolutionnaire, malgré un élargissement parfois important de ses rangs, et malgré la reconnaissance dont LO, la Ligue et le PT bénéficient dans les luttes, aucune des trois principales organisations trotskystes n’a pris d’initiative digne de ce nom jusqu’à présent. Le dialogue renoué entre LO et la LCR est certes encourageant ; mais cette difficulté à simplement ouvrir le débat au sein de l’extrême gauche témoigne du chemin restant à parcourir.

La percée électorale d’Arlette Laguiller à la Présidentielle de 1995 précédait de quelques mois le mouvement de novembre-décembre. Elle indiquait à l’époque qu’une fraction significative de la classe ouvrière combative se reconnaissait dans la gauche révolutionnaire et ses idées. Elle signalait qu’aux yeux de nombreux travailleurs, il incombait désormais à ceux qui ne s’étaient jamais compromis au pouvoir, à la différence du PS et du PCF, d’engager la construction d’une force nouvelle, réellement indépendante de la bourgeoisie.

C’était il y a huit ans.

2002 a répété 1995, en l’amplifiant. Le 21 avril a révélé le décrochage du monde du travail avec la gauche gouvernementale et sa politique. Et il a confirmé la place croissante des révolutionnaires — leurs trois candidats dépassant la barre des 10 % ; Arlette Laguiller et Olivier Besancenot arrivant tous deux devant Robert Hue, le candidat du PCF.

Les grèves de 2003 marquent une nouvelle évolution : les succès électoraux de la gauche révolutionnaire se conjuguent dorénavant avec une place prépondérante de ses militants et de son programme dans les mobilisations. Plus nettement encore qu’en 1995, PS, PCF et Verts ont été balayés, le social-libéralisme apparaissant pour ce qu’il est : une adaptation complète aux desiderata de la bourgeoisie.

Rejeter la contre-réforme libérale impose de rompre avec le capitalisme, c’est une des leçons des vingt dernières années où la gauche gouvernementale a quasi continûment participé au pouvoir. Ce ralliement au réformisme sans réforme puis du réformisme sans réforme à l’acceptation passive du social-libéralisme a des racines matérielles dont les effets seront durables. Trente années de crise ont épuisé les marges de manœuvre sur lesquelles les réformistes avaient bâti leur politique.

 

L’ « alternative » pour projet

À l’heure de la mondialisation où la recherche du profit entraîne le démantèlement des services publiques, où la concurrence gangrène l’Éducation et la Santé, le programme révolutionnaire gagne à une large échelle une réelle consistance : ce qui semble désormais illusoire c’est de rechercher la solution dans le cadre du capitalisme. Or la gauche révolutionnaire laisse paradoxalement à divers courants issus directement de la gauche plurielle le soin de jeter actuellement les bases d’un regroupement visant à offrir un débouché politique au mouvement social.

L’après-21 avril avait vu une multiplication des appels à une recomposition à gauche du PS (1) ; en l’espace de quelques semaines, les mêmes se sont remis à la tâche.

« La question du prolongement politique de la mobilisation sociale est à nouveau posée par le mouvement social extrêmement fort que nous connaissons, notait Yves Salesse dans Politis la semaine dernière. Le fait que cette question soit présente dans de très nombreux débats, pendant la lutte elle-même, dans les assemblées de grévistes comme dans les réunions interprofessionnelles, a effectivement contribué à précipiter les choses. » En un mois, près de 1 200 personnes — pour l’essentiel des militants du mouvement social (Act-up, Cadac, Gisti, LDH, Mrap, etc.) et des syndicalistes (CFDT, CGT, FSU, Sud, etc.) — ont signé son appel « Pour une alternative à gauche », plus connu sous le nom du restaurant où une quarantaine de convives ont lancé l’opération le 10 juin : Ramulaud.

Et Yves Salesse a su s’entourer. Les Refondateurs du PCF emmenés par Martelli et Braouzec, les partisans de Nouveau Monde derrière Mélenchon, ceux du Nouveau Parti socialiste avec Filoche, les troupes Vertes de Lipietz mais également celles de Mamère : il ne manque aux côtés des maigres forces de la gauche dite alternative — Les Alternatifs et divers regroupements locaux — aucune des familles et sensibilités de l’ex gauche plurielle, sinon l’équipe entourant François Hollande au PS — Marie-George Buffet et la direction du PCF sont représentés à titre d’observateur. Un signe…

Le président de la fondation Copernic n’en est pas à son ballon d’essai. Dès 2001, cet ancien conseiller de Jean-Claude Gayssot au ministère des Transports et de l’Équipement préconisait un « regroupement politique anticapitaliste » dans un livre significativement intitulé Réformes et révolution (2). L’accord qui fonde le projet alternatif de Salesse « passe par l’extension de la démocratie, la maîtrise des grands choix économiques, la rupture avec la mondialisation libérale, la transformation de l’État et, pour ce qui concerne notre région, la construction d’une autre Europe » ; il s’articule autour de « quatre questions stratégiques » : « la nécessité de mettre en œuvre ce corps de réformes dans un délai assez court, faute de quoi elles entraîneront des effets pervers, seront dénaturées ou dissoutes » ; « la nécessité de détenir le pouvoir politique pour les mettre en œuvre » ; « la nécessité de la mobilisation populaire, c’est-à-dire le refus d’une démarche qui se limiterait à une transformation institutionnelle et par le haut » ; « les trois point précédents visent à la fois à mettre fin à la domination d’une minorité, la bourgeoisie, et à entamer immédiatement la transformation des conditions de la vie politique et matérielle ».

Le programme commun de la gauche en 1972 n’était pas moins radical ! Réformes et révolution ? L’anticapitaliste Salesse reprend finalement l’antienne du réformisme estimant que c’est autrement plus révolutionnaire d’agir ici et maintenant, de mettre les mains dans le cambouis disent les hérauts du social-libéralisme.

 

L’ « anticapitalisme » pour programme

« La radicalité anticapitaliste, désertée par le PS, resurgit sous des formes multiples », s’enflammait L’Humanité en mai 2001, dans un article consacré au bilan des années Mitterrand. « Le meilleur service que nous puissions rendre à notre parti et au combat que nous engageons, c’est de rester ce que nous sommes, dans notre loyauté au mouvement socialiste, mais dans notre irréductible identité anticapitaliste », professait Jean-Luc Mélenchon à la tribune du XVIIe Congrès du PS à Dijon en mai dernier. Impayable, le dirigeant de Nouveau Monde n’a pas manqué d’observer que « le devoir d’une conscience socialiste est d’éclaircir le chemin au lieu de l’obscurcir, d’aider à lever la tête, à combattre, à changer le monde plutôt qu’à laisser entendre qu’on ne peut rien contre lui. »

Les leçons de l’ancien ministre de Jospin sur « le socialisme des “ruptures” » évoquent opportunément les sorties d’un François Mitterrand admonestant à Épinay les membres du PS récalcitrants : « Celui qui n’accepte pas la rupture […] avec l’ordre établi […] avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, il ne peut pas être adhérent du Parti socialiste ! », tançait le premier secrétaire en 1971. Que Mélenchon, un des zélateurs les plus loyaux que compte l’ancien président de la République au sein du PS, se réclame de l’anticapitalisme ne peut qu’interroger un peu plus sur l’usage de cette formule.

L’anticapitalisme serait-il en passe de s’imposer ? Quelques exemples l’indiquent… Ils soulignent d’autant mieux, ce que la fortune des expressions « anticapitalisme » et « anticapitaliste » doit aux ambiguïtés qu’elles renferment.

Significativement, ni Marx, ni Engels ne se sont référés à l’anticapitalisme. Lénine et Trotsky ne l’emploient pas plus. Ce point n’est pas anodin ; il rappelle au contraire la façon dont le combat contre le capitalisme s’est pensé, et ce dès l’origine du mouvement ouvrier. S’ils ne connaissent pas l’ « anticapitalisme », Marx, Engels, Lénine comme Trotsky se réclament, en revanche, du « communisme » et du « socialisme », dès qu’il s’agit de définir le combat contre la bourgeoisie. Leur préférence va donc à une définition positive, valorisant le but et les moyens que la classe ouvrière se fixe pour abattre le système. Et c’est cela qui s’est imposé, comme l’attestent tous les dictionnaires ! Socialisme et communisme sont les antonymes de capitalisme. On cherchera en vain une définition de l’anticapitalisme dans le Robert ou le Larousse…

Le combat pour le socialisme est indissociable de la lutte contre le capitalisme. Cet aspect n’est pas sans conséquence. Il explique l’importance des débats stratégiques qui agitent le mouvement ouvrier depuis deux siècles, et en particulier la place qu’occupe dans son histoire la rupture entre réformistes et révolutionnaires en août 1914. Partant, on entrevoit la régression que constituerait l’effacement des références à la « révolution », au « communisme » et au « socialisme » au profit de l’ « anticapitalisme ». Cela reviendrait à tenir pour négligeable la question de l’État et de sa destruction comme préalable à toute politique se fixant l’émancipation de l’humanité.

Quel est l’intérêt de se revendiquer de l’anticapitalisme aux yeux d’un Mélenchon, d’un Braouzec ou d’un Salesse, sinon précisément d’entretenir le flou sur le clivage stratégique qui partage le mouvement ouvrier : réformes et révolution, réforme ou révolution ?

La question mérite d’être posée, et discutée sérieusement, notamment dans les rangs de la gauche révolutionnaire qui, à l’instar de notre organisation, la LCR, utilise sans distinction « anticapitalisme » et « anticapitaliste », « révolution » et « révolutionnaire », traçant un trait d’égalité entre ces termes. Ces notions sont-elles interchangeables ou expriment-elles des délimitations différentes ? Poser la question, c’est évidemment y répondre. Ces expressions qui fleurissent depuis l’effondrement des partis de l’ex-gauche plurielle, dessinent des projets distincts — souvent contradictoires — qu’il s’agit d’identifier clairement pour les discuter réellement.

Ne soyons pas dupes de l’entreprise qui, sous couvert d’un radicalisme verbal, s’engage pour réduire l’influence de la gauche révolutionnaire.

 

Un parti révolutionnaire des travailleurs

Les différentes moutures d’appels qui circulent depuis juin ont quelques traits en commun que l’on aurait tort de ne pas noter. Le premier tient au besoin d’offrir un débouché politique aux mobilisations ; c’est l’évidence. Les deux autres sont autrement plus problématiques, et indicatifs des motivations qui président au mouvement pétitionnaire initié par les Salesse et consort. D’une part, la place occupée par l’extrême gauche depuis 1995 et que les luttes du printemps et de l’été viennent confirmer n’est pas même mentionnée. D’autre part, et cela participe de cette volonté d’effacer la gauche révolutionnaire, deux gauches se font face : une gauche social-libérale réduite au PS — et encore à sa majorité — ; une gauche alternative, radicale, anticapitaliste.

L’anti-social-libéralisme définirait ainsi le camp qu’il s’agirait de rassembler. Ce faisant, on dénie à la gauche révolutionnaire toute légitimité particulière dans les discussions en cours, notamment celle de rappeler, à l’adresse des gouvernants fraîchement débarqués et qui cherchent à s’exonérer à bon compte de leur bilan, l’action qu’ils ont directement conduite ou appuyée entre 1997 et 2002.

Depuis 1914, les révolutionnaires distinguent deux gauches : une gauche réformiste et une gauche révolutionnaire. Il n’y a aucune raison de réviser ce jugement, sinon pour en comptabiliser une troisième : une gauche social-libérale. La social-libéralisation de la gauche plurielle n’écarte en effet nullement le problème d’une gauche réformiste, anticapitaliste.

Les révolutionnaires adressent leurs critiques autant aux socialistes qu’à leurs alliés communistes ou Verts. Les uns et les autres quémandaient, il y a encore quelques mois, des élus à l’Assemblée nationale… Et ils dirigent et dirigeront, demain comme aujourd’hui, régions, départements et villes ensemble. Notre tâche n’est pas de jouer les supplétifs d’une gauche radicale à la recherche de renforts pour (re)négocier avec un PS hégémonique les accords électoraux, sinon les strapontins ministériels. Mélenchon, Braouzec et Martelli défendent leurs intérêts. Ce ne sont pas les nôtres ni ceux de la classe ouvrière. Et nous ne devons rien faire qui laisserait croire l’inverse.

Car Salesse dans Politis exprime clairement l’objectif d’entraîner au moins une partie de l’extrême gauche, c’est une des conditions pour crédibiliser la manœuvre. La Ligue est explicitement visée. Barrer la route à la gauche révolutionnaire en s’alliant si possible avec une de ses fractions… c’est évidemment plus simple pour s’approprier son succès.

Ce n’est pourtant pas comprendre le ressort de celui-ci. Le crédit politique de l’extrême gauche explique ses scores électoraux, le grossissement de ses rangs. Se prêter à une quelconque recomposition de la gauche de la gauche aurait précisément pour conséquence de gommer ce qui la distingue des divers courants actuellement occupés à se démarquer de la gauche social-libérale sans rompre avec elle. Une fraction significative de la classe ouvrière n’est pas prête à rééditer quelques moutures d’union de la gauche que ce soit.

Toute l’histoire du siècle passé en témoigne : « anticapitalisme », « rupture » et « révolution » changent de sens, dès lors que s’efface la frontière entre État bourgeois et État ouvrier, que disparaît la référence à la destruction de l’un et son remplacement par l’autre. Débattre des étiquettes n’est ni mineur, ni abstrait. Cela renvoie directement aux contenus et aux objectifs de la lutte contre l’exploitation et l’aliénation capitaliste, à commencer par les luttes quotidiennes jusqu’à la prise du pouvoir. Cette discussion doit se mener dans les AG, dans les mobilisations, avec toutes celles et tous ceux qui cherchent la voie pour s’affranchir du capitalisme, indépendamment de la couleur des équipes au pouvoir.

C’est sur la base de cette clarification que se concrétisera le projet d’un parti ouvrier, populaire et de masse. C’est la tâche que nous fixe le mouvement du printemps.

Serge Godard

(1)     Cf. Débat militant, n° 15, vendredi 21 juin 2002.

(2)     Salesse (Yves), Réformes et révolution : propositions pour une gauche de gauche, Agone, 2001, 202 p.

A propos de l’exposé du cercle Léon Trotsky « Où va la Russie ? »1

Lutte ouvrière et le concept « d’Etat ouvrier dégénéré en décomposition très avancée »

 

Bien que le titre complet de l’exposé indique une succession de dates anniversaire – « 50 ans après la mort de Staline, 15 ans après la perestroïka, 11 ans après la disparition de l’URSS, où va la Russie ? »- on se demande bien pourquoi revenir maintenant sur la Russie en l’absence d’un événement significatif qui justifierait une analyse nouvelle.

Le précédent exposé de CLT sur la Russie, en mai 2000, traitant de l’arrivée de Poutine au pouvoir, n’avait pas l’ambition folle de démontrer la nature… ouvrière de l’Etat russe. Et depuis plusieurs années, LO évitait de dire son analyse, alors même que c’est sur cette question qu’une discussion interne avait éclaté dans ses rang au début des années 1990, donnant naissance à un regroupement de militants à l’origine de sa minorité actuelle. On aurait pu croire que pour la direction de LO, les faits avaient tranché le débat. Eh bien non !

LO abandonne la politique du silence, tant mieux, cela permet la discussion sur une question importante pour la compréhension de la nouvelle période qui s’est ouverte à la suite de la disparition de l’URSS. Mais l’analyse produite, comme les raisonnements et la méthode qui la sous-tendent, ne font  qu’ajouter de la confusion et nous obligent à discuter d’un nouveau concept théorique, celui « d’Etat ouvrier dégénéré en décomposition très avancée… »

 

Une méthode qui ne permet pas la discussion

L’introduction de l’exposé  confirme l’inquiétude qu’on pouvait ressentir à la lecture du titre et de la question qu’il contient. La volonté « de faire le point sur ce qu’il en [l’URSS] est advenu, sur la nature et la profondeur des changements intervenus dans l’économie et la société de la Russie, la plus grande et la plus importante des républiques de l’ex-URSS »2, y est certes affirmée mais le lecteur n’obtiendra pas de réponse claire. Celle-ci est apportée par touches successives et glissements3. Mieux même, dans sa conclusion, l’auteur de l’exposé revendique de ne pas apporter de réponse : « Alors, au risque de vous décevoir, nous n’avons pas de réponse même approximative à la question posée en titre de cet exposé. » 4

Il en apporte pourtant une, inventant  pour les besoins de sa démonstration un nouveau concept théorique : « Alors, État ouvrier par ses origines, très rapidement dégénéré, la Russie est aujourd’hui un État ouvrier en décomposition très avancée » 5.  La conclusion, c’est donc que la contre-révolution sociale n’est pas terminée et en conséquence, que les travailleurs ont toujours quelque chose à défendre dans cet Etat. Elle est d’ailleurs plus ou moins explicitement formulée : « Aujourd’hui, une organisation révolutionnaire prolétarienne devrait tenir compte de ce facteur essentiel qu’est l’existence d’un appareil économique qui n’est pas complètement détruit, sans qu’il existe une classe capitaliste à la mesure de cet appareil. Les tâches du prolétariat, s’il retrouvait le chemin de l’activité politique consciente, s’en trouveraient d’autant plus facilitées que ces dernières années ont dû dissiper bien des illusions sur le capitalisme, et pas seulement parmi les travailleurs. » 6

Les travailleurs ont perdu des illusions sur le « capitalisme » qui n’existe pas en Russie ! Allez-y comprendre quelque chose, sinon l’essentiel à savoir que LO s’accroche  désespérément à un passé révolu qu’elle idéalise.

Avant de revenir sur le fond de la question, il faut dire un mot de la méthode de discussion employée. Prétendant ouvrir la discussion, elle n’en indique pas clairement l’enjeu, les données, ni l’objet de la démonstration, ce qui interdit au lecteur, noyé sous une masse de faits, de se faire un point de vue clair sur la façon dont ces faits sont utilisés à l’appui de cette démonstration.

Pour ne citer qu’un exemple, lorsque l’auteur de l’exposé affirme « en 1988, Gorbatchev avait autorisé les coopératives et la petite propriété privée. En fait, il avait pris acte d’un fait accompli » 7, cela a sans doute la force d’une évidence, mais que faut-il en conclure de l’existence de cette propriété privée ? Ce n’est pas dit là et il faut un certain temps et la répétition à l’envi du même procédé pour savoir où l’auteur veut en venir.

Une discussion sérieuse aurait voulu, puisque Trotsky est assez longuement cité dans l’introduction, que soit confronté ce qui « définit l’Etat prolétarien » à ses yeux, à savoir « la nationalisation du sol, des moyens de production, des transports et des échanges, et aussi le monopole du commerce extérieur » 8 avec la réalité actuelle. Le monopole du commerce extérieur a été aboli par Eltsine en 1992, la nationalisation du sol, par une loi autorisant la propriété privée des terres, assez récemment. Il n’est pas dit un mot de ces deux faits, le mensonge est imposé à doses homéopathique.

La méthode est pernicieuse, mais c’est qu’elle est adaptée à l’objectif de cette pseudo-discussion qui est de démontrer que tout a changé mais sans que rien ne change. Ainsi, à propos du rétablissement de la propriété privée, il faut attendre la page 34 pour découvrir cette affirmation il est vrai, étonnante : « Eh bien, malgré les proclamations, la transformation capitaliste de la société russe n’est toujours pas accomplie ».

 

Comment nier l’évidence du rétablissement de la propriété privée ?

« Transformer en propriété privée la propriété d’État dont elle n’avait que l’usufruit, était un vieux rêve de la bureaucratie. Mais, passer de cette aspiration à sa concrétisation impliquait un bouleversement économique et social, la liquidation de ce qui restait de l’œuvre de la révolution ouvrière de 1917, c’est-à-dire une véritable contre-révolution sociale.9 » 

La question est bien posée, et on ne peut que regretter que ces aspirations bourgeoisies de la bureaucratie ne soient pas davantage soulignées ailleurs. Comme, également, le fait, qui n’est mentionné nulle part, que cette contre-révolution sociale a commencé dès les années 20 et que la crise politique ouverte par Gorbatchev n’en était que la dernière phase.

Une batterie d’arguments –mais pas présentés comme tels, selon la méthode évoquée plus haut- sont avancés pour combattre l’idée que la propriété privée serait rétablie en Russie.

Il est vrai, répète sans cesse l’exposé, que la propriété privée est quelque chose de très compliqué… mais elle l’est surtout dans la tête de l’auteur, à en juger d’après les formules qu’il emploie. « On présente en Occident Tchernomyrdine comme un gros actionnaire de Gazprom devenu milliardaire. Mais ce qui ressemble à une propriété pleine et entière est en fait régi par le droit réel d’une société que dominent le pouvoir décomposé d’une bureaucratie dressée en factions rivales et les rapports de force entre celles-ci. » 10

Cette volonté de démontrer l’indémontrable donne lieu à quelques passages cocasses, qui se retournent contre leur objectif de façon amusante. « Les entreprises russes fonctionnent sous divers statuts, 70 % d’entre elles étant, selon les données officielles, privatisées. Nous le signalons car c’est un changement par rapport à la période antérieure. Mais aussi parce que le contenu réel de ce changement est bien plus complexe que ne le laisseraient croire les sigles qui, en Russie, signifient “société par actions” ou “société ouverte par actions”.

Rien que cette dernière dénomination est parlante puisqu’elle désigne celles dont le capital n’est pas “fermé” et se trouve en partie sur le marché boursier, ce qui les distingue de l’immense majorité des autres.11 » Ah bon, le capitalisme et la propriété privée ne sont pas rétablis mais il y a une Bourse et des marchés financiers en Russie ! C’est bien sûr vrai, mais l’auteur se garde bien de le mentionner par ailleurs.

Même chose pour ce qui est de l’exportation –tout à fait légalisée, à la différence de la période soviétique - des capitaux : « Cette propriété, rêve de tous ceux qui venaient de s’emparer de quelque chose, avait du mal et a toujours du mal à se stabiliser. Il est révélateur que les bureaucrates ont préféré, dès le début, transférer le fruit de leur pillage dans des banques occidentales. Pour se transformer en propriété privée, la propriété d’État avait et a toujours besoin de franchir les frontières12. »  

 

Mais le problème de fond, qui transparaît à travers le premier argument cité est que pour l’auteur, l’origine du mal ne vient pas tant de la propriété privée et de son rétablissement que de la décomposition du pouvoir central.

« […] ce dépeçage reçut une double consécration : avec l’éclatement de l’URSS en quinze États et avec la reconnaissance juridique de l’éclatement de l’économie qu’allaient être les privatisations.13» Certes, il est question dans ce passage de la volonté des barons de la bureaucratie d’être maîtres sur leur fief régional, mais la définition des privatisations n’en est pas moins curieuse.

 

A l’idéalisation de la bureaucratie répond celle du capitalisme

La bureaucratie a défendu les acquis de la révolution tant qu’elle est restée sous la férule d’un pouvoir fort, c’est de façon à peine caricaturée, l’idée qui traverse l’ensemble de l’exposé. Tous les autres changements évoqués sont graduels, quasiment insensibles, incapables en tout cas de provoquer un changement qualitatif. Le délitement du pouvoir central est la seule transformation qui débouche sur une rupture, au point qu’on se demande s’il n’y aurait pas une certaine nostalgie. 

« Alors, qu’est-ce qui a changé depuis douze ans ?, conclut provisoirement l’auteur14. Bien des choses, quantitativement. Mais, pas, ou pas encore grand chose de fondamental dans le domaine des rapports sociaux. Ce qu’il y a de nouveau, outre la forme privatisée prise par le pillage de la bureaucratie, c’est son caractère désormais en partie individuel. C’est aussi le fait que, si le système actuel a été conçu dans le cadre strict de la hiérarchie nomenklaturiste sous Brejnev, cette hiérarchie ne s’appuie plus sur un pouvoir centralisé en une structure pyramidale, mais sur des morceaux d’un État éclaté. Et, dans cette société qui n’est pas encore le capitalisme mais où l’argent règne en maître à l’ombre du pouvoir, certains bureaucrates-hommes d’affaires ont pris parfois assez de poids pour dépasser en richesse et en puissance leurs anciens parrains. »

L’idée toujours présente chez Trotsky que la bureaucratie pouvait se transformer en bourgeoisie est totalement absente de l’exposé. C’était pourtant la troisième hypothèse quant à l’évolution possible de l’URSS, qu’il envisageait dans la Révolution trahie, sans y insister car elle ne présentait pas d’intérêt pour la lutte à mener à la différence des autres –sursaut révolutionnaire de la classe ouvrière ou écrasement par l’impérialisme.

L’auteur de l’exposé combat même régulièrement cette idée en répétant que les « nouveaux russes », « oligarques », ou « très riches » - surtout, ne pas employer le mot « bourgeois » ou « capitaliste »- ne peuvent être des capitalistes puisqu’ils sont issus de la bureaucratie. Mais où est l’incompatibilité ?

 

A cette idéalisation de la bureaucratie correspond celle qui est faite du capitalisme, de l’économie de marché  qui, à en croire l’auteur, ne pourrait en aucun cas être en Russie… ce qu’il est sur les trois quarts de la planète, dans les pays pauvres, où pour la grande masse de la population, il n’existe qu’une « économie de survie » 15. L’auteur de l’exposé ne compare ce que serait une Russie capitaliste qu’avec les pays impérialistes, en idéalisant au passage leur développement historique, fondé sur le pillage de tout le restant de la planète.

Cette référence à un modèle de l’économie de marché, idéalisation d’une certaine façon du pouvoir capitaliste, révèle une curieuse conception de l’histoire. Le matérialisme historique cède la place à une sorte de schizophrénie intellectuelle où les concepts de bureaucratie ou d’économie de marché vivent leur existence propre sans rapport avec la réalité sociale et historique dans une grande confusion dans laquelle la direction de LO semble se complaire…

 

« L’œuvre de la nature » et la mémoire très diluée des acquis de l’Etat ouvrier

L’histoire de l’URSS, telle qu’elle est brossée dans l’exposé, est étonnamment graduelle, linéaire, exempte de crises qui l’ont pourtant toujours jalonnée. Elle est, parallèlement et de façon cohérente, strictement nationale. Rien ou presque de la lutte des classes, en Russie, et absolument rien du rapport des forces entre les classes à l’échelle internationale. Comme si l’impérialisme n’existait pas, sinon par le biais de capitaux anonymes, sont passés sous silence, dans la dernière période, sa pression politique, les conseillers du FMI auprès de Eltsine, l’intégration de la Russie dans le G8….

L’expression la plus caricaturale de ce raisonnement qui occulte les forces sociales se place –ironie ?- juste après une tête de chapitre intitulé « l’histoire s’emballe » : « Pourtant, une page de l’histoire de l’URSS était en train de tourner, la dernière. Accomplissant son oeuvre, la nature fit disparaître, les uns après les autres, tous les membres de la génération de hauts bureaucrates qui avaient dirigé le pays depuis Khrouchtchev en assurant au régime vingt ans de relative quiétude. Mais, c’en était fini… » 16

Il manquait jusqu’à présent dans la conception marxiste les éléments déterminants que sont le vieillissement et la mort naturelle. L’oubli est réparé, mais l’auteur, dans sa grande sagesse, ne devrait pas oublier cette autre vérité que le vieux cède la place à la jeunesse, que la vie continue…

La nostalgie l’aveugle sans doute, ce regret de la disparition de la stabilité perdue, évoquée un peu plus haut 17: « La dernière image qui reste de cette période allant, disons, de la mort de Staline aux années quatre-vingt, celle de dignitaires vieillissants alignés sur la Place Rouge les jours de parade, est celle d’un régime qui semblait bien installé ».  Nous croyions pour notre part que le régime de la bureaucratie était par nature éminemment instable…

 

Quoi d’étonnant, après cela, que l’auteur voit dans les conglomérats de l’époque stalinienne et brejnevienne, privatisés, isolés, en l’absence de toute planification, des acquis de l’Etat ouvrier ! Et pas seulement comme mémoire très diluée mais bien comme les manifestations vivantes de l’ancienne économie planifiée, bases de son renouveau futur si…

Décidément, la direction de LO est prise d’une obsession, arrêter la marche inexorable du temps…

Galia Trépère

 



11 - le texte, édité en brochure, est disponible sur le site de LO, à l’adresse suivante : http://www.lutte-ouvriere.org/clt/clt.html

2 - p 3, brochure.

 

3 - Avec une confusion d’autant plus grande que chacun pourra constater, si cela l’intéresse, que le texte de la brochure papier diffère du texte mis en ligne. Dans ce dernier, l’introduction se termine par une nouvelle interrogation qui laisse la question ouverte : « Douze ans après que la volonté de s’y engager a été annoncée par la direction politique de la bureaucratie, où en est cette contre-révolution sociale ? ». L’édition papier indique : «Douze ans après que la volonté de s’y engager a été annoncée par la direction politique de la bureaucratie, on ne peut pas dire que cette contre-révolution soit terminée ». 

 

4 - p 55, brochure.

5 - p 56, brochure. 

6 - P 64, brochure

7 - p 19, brochure

 

8 - p 5, brochure

9 - p 11, brochure

10 - p 38, brochure

11 - p 35

12 - p 33, brochure

13 - p 36, brochure

14 - p 52, brochure

15 - p 31, brochure

16 - p 10, brochure

17 - p 10, brochure